Ce qui se cache derrière les chiffres #6
Observatoire du raccordement à la facturation électronique · édition du 11 août 2026
Chaque semaine, nous passons au crible les 17 millions d'entreprises françaises actives pour savoir lesquelles sont déjà joignables sur le réseau Peppol.
Deux nouvelles cette semaine : le cap des 2 millions est franchi, et nous avons modifié notre méthode qui rendait invisible un acteur important. Nous commençons par là, parce que cela change la lecture de plusieurs de nos éditions précédentes.
Ce que nous avons adapté
Pour attribuer chaque entreprise à sa plateforme, nous lisons le certificat de l'opérateur qui l'héberge sur le réseau. Jusqu'à la semaine dernière, notre outil considérait qu'une infrastructure ne servaient qu'un seul opérateur, il n'y lisait donc qu'un certificat, dont il étendait le résultat à tout le reste.
Cependant, sur les 69 infrastructures qui servent des entreprises françaises, 19 hébergent plusieurs opérateurs, et elles représentent 816 871 entreprises, soit 37,6 % du parc raccordé.
Le cas le plus lourd concerne l'infrastructure smp.pdp-esker.fr. Son nom de domaine nous avait conduits à lui attribuer un seul opérateur. Elle en héberge quatre. Résultat : SEPTEO, qui compte aujourd'hui 34 781 entreprises, n'apparaissait pas dans nos données pendant cinq semaines, et son parc était compté chez ESKER.
Les modifications que nous avons apportées à nos éditions précédentes :
Nous avons écrit le 4 août qu'ESKER doublait son parc, de 12 850 à 26 398 entreprises. Cependant, suite à l'adaptation de notre méthodologie cette croissance était principalement celle de SEPTEO. Le parc réel d'ESKER au 4 août était de 3 533 entreprises.
Les totaux, les taux de raccordement, les flux et les analyses géographiques et sectorielles ne sont pas affectés : la correction ne touche que la répartition entre plateformes.
Sur les 24 363 entreprises dont la plateforme affichée change cette semaine, 23 216 relèvent de cette adaptation de lecture et 1 147 seulement sont de vrais changements d'infrastructure.
2 172 748 entreprises, une sur huit
Le cap des 2 millions, annoncé imminent la semaine dernière, est franchi. 12,7 % du tissu économique actif est désormais joignable sur le réseau, soit une entreprise sur 7,9.
Le rythme s'établit à 25 527 raccordements par jour sur sept jours, contre 28 448 par jour sur les huit jours précédents. Le mois d'août marque un léger ralentissement, sans rupture de tendance : on était à 7 000 par jour début juin.
Le nombre de sortants tombe à 732 sur 1 994 062 entreprises, soit 0,04 %, le plus bas niveau observé depuis le début de nos mesures.
Près d'une société commerciale sur quatre
C'est l'indicateur que nous suivons le plus, parce qu'il porte sur le cœur de cible de la réforme. Rapporté à chaque forme juridique :
Sociétés commerciales : 24,0 % (1 092 560 sur 4 558 433)
SCI, GIE et assimilés : 13,7 % (349 461 sur 2 551 155)
Indivisions et sociétés de fait : 9,2 % (20 848 sur 225 591)
Entrepreneurs individuels : 9,0 % (707 694 sur 7 869 972)
Associations et fondations : 1,0 % (15 076 sur 1 489 825)
Le taux global de 12,7 % est mécaniquement tiré vers le bas par les millions de micro-entrepreneurs en sommeil et les entités hors champ. Sur les entreprises réellement concernées, l'avancement est bien plus élevé.
Le classement des plateformes, sur base comparable
Les écarts qui suivent sont calculés sur un parc du 4 août retraité selon la lecture corrigée. C'est la seule base qui permette de mesurer une croissance réelle.
Les dix premières plateformes au 11 août :
Pennylane, 788 873 entreprises (+6,0 %)
Qonto, 333 216 (+1,2 %)
Serensia, 271 322 (+11,7 %)
Indy.fr, 177 562 (+7,1 %)
Chaintrust, 124 623 (+18,3 %)
Sovos Saphety, 122 342 (+7,6 %)
ECMA (Jefacture), 69 741 (+14,7 %)
MYUNISOFT, 45 222 (+29,5 %)
Abby, 44 218 (+17,3 %)
SEPTEO, 34 781 (+53,2 %)
Les plus fortes croissances relatives de la semaine, sur base retraitée : SEPTEO +53,2 %, B2Brouter +45,7 %, Yooz +31,5 %, Odoo +29,9 %, MYUNISOFT +29,5 %, ESALINK +26,6 %, ESKER +24,2 %, SERES +21,2 %, DOCOON +19,6 %, Chaintrust +18,3 %.
Deux noms entrent au classement : ITEMS SAS (1 355 entreprises), qui était masqué par une infrastructure mutualisée, et scribee (1 155), dont nous savons désormais lire les certificats.
Qui capte les nouveaux raccordements
Sur les 179 418 entreprises raccordées cette semaine, comparé au poids de chaque plateforme dans le parc installé :
Pennylane : 24,9 % des entrants, pour 37,3 % du parc
Serensia : 15,7 % des entrants, pour 12,2 % du parc
Chaintrust : 10,8 % des entrants, pour 5,3 % du parc
SEPTEO : 6,7 % des entrants, pour 1,1 % du parc, la plus forte sur-représentation de la semaine
Indy.fr : 6,6 % des entrants, pour 8,3 % du parc
MYUNISOFT : 5,7 % des entrants, pour 1,8 % du parc
ECMA (Jefacture) : 5,0 % des entrants, pour 3,1 % du parc
Sovos Saphety : 4,9 % des entrants, pour 5,7 % du parc
Abby : 3,6 % des entrants, pour 1,9 % du parc
Qonto : 2,6 % des entrants, pour 16,5 % du parc
La vague passe à l'agriculture et au Massif central
Le mouvement le plus net de la semaine est sectoriel. L'agriculture, sylviculture et pêche représente 4,7 % du parc raccordé mais 9,6 % des entrants de la semaine, le plus gros écart observé. Les activités immobilières restent au-dessus de leur poids (24,2 % des entrants pour 20,3 % du parc), et les sociétés civiles aussi (21,2 % des entrants pour 15,2 % du parc).
La géographie dit la même chose. En croissance relative : Lozère +91,5 % (1 874 à 3 588 entreprises), Allier +49,0 %, Indre +29,6 %, Aveyron +22,8 %, Lot +20,7 %, Nièvre +18,0 %, Pas-de-Calais +17,3 %.
En volume, Paris reste devant (+12 214), suivi des Bouches-du-Rhône (+5 420), du Rhône (+5 341) et de la Gironde (+5 201).
La lecture : après la vague patrimoniale des semaines précédentes, le raccordement gagne la France rurale et le monde agricole. Ce sont des secteurs très encadrés par des centres de gestion et des cabinets spécialisés, ce qui suggère à nouveau des raccordements pilotés en masse plutôt qu'entreprise par entreprise.